jeudi 17 avril 2008
vendredi 21 septembre 2007
Sur les nerfs
C'est de l'exploitation de bosser 9h par jour, 6 jours et demi sur 7 pour 1512 euros ? C'est de l'exploitation d'avoir la responsabilité morale et physique de 29 gamins 6 heures par jour pour 1512 euros ? HEIN ?! Oui.
Petit con, va.
1. Je me syndique, par principe.
2. Je fais grève
3. Je subjectivise les apprentissages (à gauche). Morale humaniste et résistance à la pensée télévisuelle. Plus de course aux résultats.
Petit con, va.
1. Je me syndique, par principe.
2. Je fais grève
3. Je subjectivise les apprentissages (à gauche). Morale humaniste et résistance à la pensée télévisuelle. Plus de course aux résultats.
vendredi 31 août 2007
coup de chapeau à l'EN
Je viens d'apprendre que j'ai un CE2, jamais fait de cE2, un an d'expérience, et je commence lundi. Et surtout ni les élèves ni les parents ne doivent l'apprendre. Et puis je suis inspectée cette année...
Aucun stress voyons, tout va bien. Les CE2 ce ne sont que des CE1 après les vacances, donc presque des CP en fait... Mmh.
20 ans
Ciel bleu ce matin. Laurence a repris les cours.
Hier soir, nous avons vu la Tour Eiffel de nuit. Nos mains se sont retrouvées, transies de froid, sous mon pull, nos deux corps reposant sr un banc dans un jardin d'enfants, en face des Invalides. Avant. Devant la Maison du Japon, je le dis qu'il faut absolument qu'on me parle de ce qui ne va pas chez moi en ce moment, parce que je perds les pédales. Elle s'irrite contre moi. Parce que je n'ose rien faire, parce que j'avance et recule immédiatement après, parce que j'ai peur des choses simples. Elle me reproche de vivre dans mes bouquins et mes théories, de ne pas tenter toutes ces expériences moi-même. Elle rejoignait ce que j'avais écrit la veille. Elle m'a prise dans ses bras, dans la rue, une rue.
¤
Hier soir, dans le noir volontaire de ma chambre, avec seule, la silhouette de mon "homo-paravent" qui se profilait contre mon vasistas, et Belly comme musique...
Etait-ce à cause des deux bières bues dans un bar de supporters de rugby à Anvers ? Etait-ce parce que je lui avais écrit que je ne voyais pas en quoi on pouvait prendre de l'intérêt à passer du temps avec moi ? Je ne sais. Laurence m'a fait "un enfant de l'âme". En une heure j'ai eu envie de rire, de pleurer. J'ai eu peur. J'ai plané, j'ai eu des crises de joie et d'angoisse. J'ai connu l'attente et la panique, la plénitude et le frisson. Eu envie de la rejeter tout à coup puis de l'embrasser. J'avais l'impression que nous faisions l'amour. N'ai pas brillé par mon esprit d'initiatives. J'ai plongé après m'être laissé guider. Les mains, les bras, les épaules, la nuque, le dos, la tête, le visage... Le visage, c'est ma peur, car c'est l'objet de mon désir. Elle avait les mains douces. Les miennes, mains de petite vieille, abîmées.
Mon front, mon visage, peur que de ses doigts elle frôle mes lèvres. Elle n'en fait rien et je souris. Je nous fais un thé, je mets Barbara. Toutes lumières éteintes. Je ne lâche pas sa main.
Je lui ai dit que j'étais morte de trouille, que je ne devais pas parler, mais je le faisais quand même, tant pis, je m'en fous, il faut que je lui dise où j'en suis. Je l'ai surprise en train d'apprendre mon corps. Comme Chloé et moi faisions.
Je me demandais si, pour elle, c'était la bière, et jusqu'où allait-elle aller. Est-ce qu'elle ne se rendait pas compte que ce qu'elle faisait était au-delà de toute norme ? Pourquoi hier soir cela ? Pour la curiosité ? Je n'en avais pas, parce que je sais ce qu'il y a après, et encore après. Je repensais à la première nuit avec Chloé, quand il y a eu contact. Non, rien à voir. Je lui avais fourré les doigts dans la bouche parce que je sentais que nous aurions pu nous embrasser.
Je lui ai dit que j'avais senti la trop fameuse frontière, que nous l'avions frôlée. Elle, elle n'a rien dit. Sinon quelque chose qui voulait dire : j'ai senti que tu avais besoin de contact en ce moment, alors...
"Qu'est-ce qu'on peut bien faire après ça ?" Laurence fermait les yeux quand elle me caressait. Ce n'était pas des caresses sororales, je pourrais le jurer.
¤
Les bières l'avaient un peu excitée, je me souviens de ses gazouillis entre le bus et le métro. Elle se sentait joyeuse. Et moi, j'avais réussi à rire.
Elle m'a revue cet après-midi, elle a donc bien voulu me regarder encore en face. Nous n'avons pas reparlé de la nuit dernière. Pour quoi dire ? Pour poser des questions sans réponse aux quatres coins de nos paradis, sur de petits coussins déjà trop encombrés.
mercredi 29 août 2007
brève
mardi 28 août 2007
19 ans
Vu Chloé hier. Bizarre journée de gueule de bois après une bouteille de Vodka descendue avec Amina, le soir de mon arrivée. Hier, nous avons beaucoup marché, jusqu'à ce que je ne me sente plus très bien. J'ai un peu exagéré le truc. Je n'en pouvais plus de mille trucs à la fois. Mal à l'aise avec Amina, pensé à Chloé, toujours le sentiment que je vais rencontrer quelqu'un que je connais... Le tout avec le mal de crâne et les jambes pâteuses, les quatres heures de mauvais sommeil.
¤
Une semaine plus tard.
Train pour Toulouse.
¤
"Difficile", "chti bébé", "transcendant", "méga trop cool", magic top cool", "ça me fout la gerbe", "j'hallucine"...
Comment décrire tout ce que j'ai vu et ressenti avec des mots. Avec des mots vrais. J'ai une boule dans le ventre. Treize, quatorze, douze jours. Est-ce important ? Et ses mains le vendredi 27 après avoir vu Chloé. Ou plutôt, cette nuit-là, sa main. Inerte. "Stop". "Est-ce qu'on peut... Comment dire... Est-ce qu'il y a des choses qu'on ne peut pas dire avec des mots, mais qu'on peut dire avec des gestes ?" "Oui" "Donne-moi ta main alors". Je ne m'y attendais pas, n'y pensais pas. Mais effusion de bonheur. Une main. Lâche, grande. Le surlendemain, bouger avec les mains. Les deux. Merci Laurence, mon coeur te le crie. Danser. "L'autre jour, j'ai eu peur parce que tu as une drôle de façon d'agir avec tes mains". C'est vrai, j'aime les mains. Tu ne dors pas ? Pourquoi ? "J'ai peur que tu attendes quelque chose". Réfléchis à ce que tu fais, Laurence Deux amies qui se caressent les mains, c'est anormal ? "T'es comme ma soeur". Mais je ne peux pas être comme ta soeur. Pourquoi ? "J'ai dit que tu étais comme ma soeur, je n'ai pas dit que tu étais ma soeur, tout est clair pour moi".
J'ai envie. J'y pense toute la journée. "Ceci est une drogue". Par rapport à qui ? A toi ou aux autres ? A moi, c'est sûr. Toi ? Je ne sais pas. Enfin, si, je sais. Qu'est-ce que tu sais ? Je ne sais pas. Je ne sais jamais rien. Ce n'est pas ce que tu crois ! Ce n'est pas ce que tu vois. Tu ne sais pas ce que je crois. "Tu crois en l'amour ?" "Comme toi". Comme toi. Quand tu imites, tu voles une partie des gens. Pourquoi j'imite ? Pour me fondre dans la personne. Quand l'observation ne suffit plus. Pourquoi tu me regardes ? Pas de réponse. Ca te gêne ? Un peu. Arrête de me regarder, toi. Très bien, je ne regarde plus. Ai-je vraiment une "super belle voix" ? Pourquoi tu es aggressive comme ça ? Je ne m'en rends pas compte. Arrête de t'excuser tout le temps. "Qu'est-ce que tu fais ?", "qu'est-ce que tu racontes ?", "c'est tout ce que tu dis ?".
Le train va démarrer. Vite. La pléthore de gestes. Qu'est-ce qui se passe. Là, tu vois, maintenant, je me dis que... j'aimerais poser ma tête sur ton ventre. Un petit élan de la main. "Stop". Non. C'est catégorique. Mais ça se réalise.
Deux corps symétriquement allongés face à face, sur le côté, les genoux repliés. Donne tes mains. "C'est un art ? Oui ?" C'est une chorégraphie. Ca se voit tant que cela que je n'attendais que ça ? Que je n'attends que ça de tout le monde ? Rien d'autre. Pourquoi as-tu l'air triste ? C'est naturel. Je pensais que tu souffrais et je voulais t'aider. Tu le fais donc par générosité ? Non. Si. Ca me fait plaisir de t'aider. Si je le fais, c'est que je le veux. Serre-moi dans tes bras. Enveloppe-moi complètement. Heureuse de t'avoir trouvée. Si sereinement finalement. Pourquoi s'en faire ? Pourquoi ? C'est si simple pourtant.
Je voudrais dormir. Dormir pour oublier que je pars. Reste. Je voudrais rester. Rien n'est chamboulé. Et si je la revois ? Si je la revois, on se donnera la main de nouveau. Elle et moi comme deux soeurs. Dire "je ne sais pas" jusqu'à ne plus pouvoir le dire. Est-ce que tu cherches quelqu'un d'autre que Chloé ? Non. Chloé est intouchable. Elle est là en moi et je ne la remplace pas. Mais je cherche toujours, oui. J'attends. Maman, "ma main, cette serre". Gouttes de thé. Je la baptise. C'est une caresse. Au plus près de la peau.
"C'est indicible". Je voulais lui faire mal l'autre nuit. Rentrer mes ongles comme des griffes dans les monts de sa paume. La main de Laurence, grande, immense. Pas eu le désir de l'apprendre. Comme si je la connaissais. Repris la main de Chloé. Je la connais bien. La mienne me paraît désarticulée. Un art ? Un langage aussi. La main de Laurence caresse continuellement. Et quand on frôle ? Elle l'a fait à plusieurs reprises. C'est très doux. Envie de me recroqueviller contre elle. Je le fais. Je ne l'aime pas. Tout est calme. Je l'aime. Pas d'amour. C'est serein. Doux. Je le lui ai dit.
¤
Après Brive... Après Brive, c'est Toulouse. Gare, métro, marcher. Dormir sans elle. Elle va dormir dans son lit. Son vrai lit. "Stop" "Je passe" "C'est pas juste". Je comprends. Qu'est-ce que tu comprends ? Tout. "Tu me fais peur". Pourquoi ? Je te le dirai si tu passes "Ridiculous Thoughts" des Cranberries. Dis-moi pourquoi je te fais peur ? Ah ! Tu t'en souviens ? Tu es intuitive. Ou alors tu t'es habituée à mes allusions constantes. Tu y fais attention. Tu me prêtes ton attention. Jusqu'à quand ? Y a-t-il toujours quelque chose à apprendre de quelqu'un ? Je ne lui ai pas demandé. Il reste encore beaucoup de choses à dire et à faire. Aller au bois. Pigalle. Bar de lesbiennes. Faire des crèpes. Voir l'expo de Munch. Est-ce que tu aimes les cobayes ? Pourquoi tu me demandes ça ? Pour rien. Tu es fatiguée, Laurence. Tes yeux sont cernés, ton pas est lourd.
¤
Une bougie. Rouge. Ou bleue. Jaune chez moi qui m'attend. Tire sur les doigts. "Quand tu plisses les yeux, tu vois deux personnages qui lèvent les bras, tu les vois ?" Tu étais belle cette nuit-là, le visage au-dessus de la flamme. Tu m'as dit "stop". Dors, Laurence. "Tu manges rien". Occupe-toi bien de toi, de ta peau, de tes cheveux, de tes ongles. Je vais acheter une bouteille de Smirnoff aussi. Il me faut juste du cran pour être comme ça.
Mes yeux sont tristes ce soir. Je me regarde dans la vitre du train. Derrière, un tunnel infini, noir et opaque. Je n'ai pas pleuré. Mal au ventre. Mal à la jambe gauche. Je veux ses ondes. Tes mains diffusent beaucoup d'énergie. Impossible de dormir quand elles sont liées. Elle a rapproché ton lit cette nuit. Comment dormir si l'on fait contact ? Trop. Coeurs battants. Excitation. Pourquoi es-tu si nerveuse ? Thrilling, thrilling !!
J'ai déchiré un bout d'affiche du concert de Louise Attaque à la station Porte d'Orléans - ou Alésia ?
¤
Le 6 avril, je notais : Le mot silence devrait être du genre féminin, ce serait tellement plus beau phonétiquement de dire : lasilence.
C'est encore vrai.
¤
Ma propriétaire de 92 ans a fait venir les plombiers car nous n'avions plus d'eau depuis deux jours. Elle est sortie es disant : tout s'arrange... à part la mort !
Plus tard, je ris seule, plusieurs fois, en lisant Le Père Goriot quand, à la page 54 de l'éd. de Poche, je lus cette phrase : "Mademoiselle Taillefer coula timidement un regard sur le jeune étudiant". Dans ma tête, je lisais : Mlle Taillefer coula un bronze sur le jeune homme...
Parce que j'avais le XIX au programme, je lus Germinie Lacerteux des Goncourt et savourais cette phrase exquise : "Le ciel était plein de cette lumière d'une nouvelle vie, adorablement triste comme la terre encore dépouillée, et si tendre qu'elle pousse le bonheur à pleurer".
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Brève
Béatrice de Beyrouth, hospitalisée pour des bleus, a porté plainte contre Antoine, son époux, qui avait rapporté du Viagra des Etats-Unis et pris trois comprimés d'un coup.
¤
Evidemment, j'ai déménagé à Paris l'été suivant.
lundi 20 août 2007
la diète est finie
Deux heures que je suis debout et toujours du sable dans la tête. Un torticolis digne des commères de mon village me donne une sorte de hauteur douloureuse. Il pleut. Il pleut. Il pleut. Je bois du thé à la cendre. Je veux arrêter de fumer. J’en peux plus de cette haleine de chacal. J’en peux plus de cette odeur de clodo dans l’appart. J’en peux plus de suer du cendrier mouillé. Ca me sort de partout cette merde. Ca me monte à la tête, ça fait des trucs bizarres dans mes intestins, ça en vient même à me lasser.
Je viens de faire une diète de six jours. Pas fait exprès, pas envie. Le silence. La solitude. Au début, c’est galvanisant. Je ne sentais rien de particulier, si ce n’est... une incroyable légèreté. Je bossais très activement. Puis, progressivement, c’est arrivé. Le tournis, le cerveau qui tourne au ralenti. Même plus capable de faire des mots fléchés niveau 2. Et des insomnies. Et mes côtes flottant dans le dos.
Elle rentre ce soir. C’est fini tout ça.
Elle rentre enfin. Je ne suis même pas sûre de son visage, de son regard. Je ne suis même pas sûre de ses mains. Je sais que c’est elle. Quand nous parlons au téléphone, quand je la lis, je la sais. Quand nous parlons de l’avenir, je la vois comme aujourd’hui. C’est elle, je le sais, mais je ne vois pas ses yeux.
Et je sais que c’est elle pour après et encore après. Je la respecte. Je sais ce que cela signifie maintenant. Ne jamais avoir ce sentiment que je la méprise, ne jamais avoir ce mot aux lèvres : con. Elle me donne cette confiance extraordinaire qui me rend libre. Une bienveillance éternelle. Je ne crains rien. Tant qu’elle est là, je peux tout faire. Je peux conduire, affronter une réunion de parents, être consciente, sans tomber dans les bas-fonds, que je travaille tous les samedis matins jusqu’au mois de mars. Elle ne me dit pas : tu fais un métier de merde qui nous empêche d’être ensemble. Elle ne me dit pas : c’est de ta faute si nous ne construisons rien. Elle me respecte. Elle me dit simplement : ça va aller, je pourrai me lever tôt comme ça et faire des choses. Elle prend en compte mes conseils et les mots que je lui dis. Elle m’écoute quand j’essaie de la protéger. Elle m’écoute quand je suis angoissée. Avec elle, il n’y a pas d’histoires, juste une grande histoire silencieuse. Peuplée de martiens bien à nous que nous ferons pousser dans le calme et la verdure et que nous rendrons à la vie et à la ville une fois adultes. Je l’aime. J’aime nos discussions, j’aime nos projets, j’aime la façon qu’elle a de me chercher, j’aime me blottir contre elle et sentir son ventre sous ma main. J’aime la regarder écrire. Elle m’apaise. J’aime sa fidélité et ses silences. J’aime que ce soit moi dans sa vie. J’aime nos rêveries et nos voyages, nos marches. J’aime quand elle est tout à coup décidée et enthousiaste et soudain tourmentée. J’aime dessiner un sourire sur sa bouche à l’envers. Je la vois comme un funambule marchant sur son filet de protection. Je la vois comme Mario Bros évitant les vides dans un jeu linéaire de notre enfance. J’ai pour elle un amour léger et pur.
Et c’est bien comme ça.
Je viens de faire une diète de six jours. Pas fait exprès, pas envie. Le silence. La solitude. Au début, c’est galvanisant. Je ne sentais rien de particulier, si ce n’est... une incroyable légèreté. Je bossais très activement. Puis, progressivement, c’est arrivé. Le tournis, le cerveau qui tourne au ralenti. Même plus capable de faire des mots fléchés niveau 2. Et des insomnies. Et mes côtes flottant dans le dos.
Elle rentre ce soir. C’est fini tout ça.
Elle rentre enfin. Je ne suis même pas sûre de son visage, de son regard. Je ne suis même pas sûre de ses mains. Je sais que c’est elle. Quand nous parlons au téléphone, quand je la lis, je la sais. Quand nous parlons de l’avenir, je la vois comme aujourd’hui. C’est elle, je le sais, mais je ne vois pas ses yeux.
Et je sais que c’est elle pour après et encore après. Je la respecte. Je sais ce que cela signifie maintenant. Ne jamais avoir ce sentiment que je la méprise, ne jamais avoir ce mot aux lèvres : con. Elle me donne cette confiance extraordinaire qui me rend libre. Une bienveillance éternelle. Je ne crains rien. Tant qu’elle est là, je peux tout faire. Je peux conduire, affronter une réunion de parents, être consciente, sans tomber dans les bas-fonds, que je travaille tous les samedis matins jusqu’au mois de mars. Elle ne me dit pas : tu fais un métier de merde qui nous empêche d’être ensemble. Elle ne me dit pas : c’est de ta faute si nous ne construisons rien. Elle me respecte. Elle me dit simplement : ça va aller, je pourrai me lever tôt comme ça et faire des choses. Elle prend en compte mes conseils et les mots que je lui dis. Elle m’écoute quand j’essaie de la protéger. Elle m’écoute quand je suis angoissée. Avec elle, il n’y a pas d’histoires, juste une grande histoire silencieuse. Peuplée de martiens bien à nous que nous ferons pousser dans le calme et la verdure et que nous rendrons à la vie et à la ville une fois adultes. Je l’aime. J’aime nos discussions, j’aime nos projets, j’aime la façon qu’elle a de me chercher, j’aime me blottir contre elle et sentir son ventre sous ma main. J’aime la regarder écrire. Elle m’apaise. J’aime sa fidélité et ses silences. J’aime que ce soit moi dans sa vie. J’aime nos rêveries et nos voyages, nos marches. J’aime quand elle est tout à coup décidée et enthousiaste et soudain tourmentée. J’aime dessiner un sourire sur sa bouche à l’envers. Je la vois comme un funambule marchant sur son filet de protection. Je la vois comme Mario Bros évitant les vides dans un jeu linéaire de notre enfance. J’ai pour elle un amour léger et pur.
Et c’est bien comme ça.
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