mercredi 18 juillet 2007

insomnie

Il est tard. Ou bien tôt, je ne sais plus. Je suis déjà renversée vers demain, telle de la vase que l'on filtre, d'une main à l'autre. J'écoute Goldman. "Doux". Je meurs de faim.
Je porte un casque.
Pour m'épuiser, je fais l'inventaire des pensées.
Je file droit vers Chennai. Quand Claire couchait avec celui qui est devenu son mari, elle le faisait au-dessus de ma chambre. Je ne l'oublierai pas.
Je ne veux pas qu'on impose un service minimum en cas de grève dans les écoles. C'est déjà plus ou moins le cas. Je ne fais pas grève pour cette raison d'ailleurs : les scrupules. Lalala.
Elle est belle quand elle porte des couleurs claires. Quand elle me regarde. Belle voix. Beaux yeux. Je suis amoureuse. J'ai confiance. Je l'admire et la respecte. Je flippe pour la voiture cet été. Ca fait des années que je n'ai pas conduit.
J'ai revu une photographie d'il y a cinq ou six ans où l'on voit Claire sous la pluie. Noir et blanc. Du cinéma des années 50. Elle est belle. Je voulais dire à Ma : regarde, je lui coupais bien les cheveux, elle n'était pas si moche...
J'ai ri. Une photo de Caroline. Elle fait une grimace. Maintenant, ça me fait rire.
J'ai gardé d'Hélène son parfum. Miss Dior. J'avais demandé à Bérengère : c'est quoi cette odeur ? Elle avait poussé un grand AH. Souriant.
De Max des fantasmes, la bite la plus grosse du monde. Genre, c'est moi qui l'aurais.
De Laura le goût des intellectuelles dodues, buvant du vin rouge en parlant Brecht. Entre deux répétitions du réquiem de Brahms.
Les méduses utilisent le même orifice pour manger et chier.
A la fin du film The Bubble, j'ai eu un gros chagrin dans le cinéma. Grosses larmes chaudes. Tel Aviv, la bombe, tout ça, l'amour impossible, les frontières qui éloignent. Je voulais dire à Chloé... Tellement de choses. Je ne sais pas. Pleurer devant elle peut-être. J'écoute "So young", de Suede, l'un des derniers titres écoutés là-bas. A Gaza. Dans sa chambre, ce fut "Glory days". Pulp. Ces titres me donnent la nausée. Au début, par exemple, nous écoutions souvent Paradise Lost.
J'ai beaucoup repensé au film depuis samedi. Réécouté de nombreuses fois "Song to the siren" dans toutes les versions.
Mon briquet sent le gaz. De toute façon, je fume trop.
Je n'arrive même pas à paramétrer le widget de Blogmusik, et de toute façon, ça ne m'intéresse plus. Sauf si bien sûr quelqu'un m'explique pourquoi "undefined" s'affiche sur le lecteur...
Pour la rentrée prochaine, je n'ai même pas ouvert la boîte aux lettres ce matin. Acte manqué.
Ignac le Coréen ressemble à un vieux Kiki.
Demain, je demanderai à Juliette de me parler de Jonathan. C'est vraiment intéressant. Je vais me coucher, bordel. Je vais me coucher. Quand j'aurai fini cette chanson. Je vous jure, quand j'aurai été jusqu'au bout. Pourvu que je n'ai pas des maternelles. Pourvu que je sache encore conduire. Pourvu que je dorme pour pouvoir conduire. Pourvu que je n'ai pas d'accident. Pourvu que je ne me sente pas mal à l'aise avec Etienne et son fils. Pourvu que tout aille, pourvu que tout aille. Mon Dieu, faites que tout aille, que les gens soient gentils. Pourvu que ma mère ne me téléphone pas. Pourvu que je puisse déménager à temps. Pourvu que je pense à faire mes demandes pour la province. Pourvu que je puisse payer mes impôts en septembre. Pourvu que Mme C. soit en bonne santé. Pourvu que... je dorme assez pour faire un trajet supplémentaire demain. Non, vraiment, j'ai de plus en plus faim. Ce n'est pas sérieux de se nourrir de petites tomates. Arrête !

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